Nov 1, 2013

Japon 2013 | Un bain de sable à Ibusuki


Pas loin de Kagoshima, se trouve une jolie petite ville balnéaire aux faux airs d'Hawaï : Ibusuki.
Nous sommes fin Octobre et il fait encore près de 30 degrés, le soleil nous donne l'impression de commencer nos vacances d'été.


Pour aller à Ibusuki, nous prenons le sightseeing train Ibusuki tamatebako (Ibutama), bicolore à l'extérieur et plaqué de bois type cuisines des années 90 à l'intérieur. Mais qu'est-ce qu'il est mignon et donne envie de faire le trajet dedans ! Pour moi c'est un peu le train d'Harry Potter, version maritime, avec des illustrations de poissons sur les murs, et des sièges très confortables tournés vers la mer. Je vous conseille toutefois de réserver vos billets au minimum la veille (gratuit avec le JR pass) car ces trains semblent pris d'assaut par les adorables touristes japonais. Oui il n'y a pas qu'à l'étranger qu'ils voyagent en groupe ! Il n'y a pas de places libres à bord (dans les autres trains, les utilisateurs du JR pass peuvent voyager sans prendre de billets à l'avance en utilisant les wagons "jiyuseki" dont le placement est libre).


Pendant le trajet, nous dégustons mon pudding d'anniversaire acheté à bord du train. C'est une spécialité locale à base de sésame noir, qui vaut assez le détour.


La ville aux fleurs d'Hibiscus

Je ne sais pas si c'est fait exprès, probablement pas, mais Ibusuki et Hibiscus ont une sonorité proche ! Et des fleurs d'hibiscus, il y en a partout ! Si nous étions en France, ils gagneraient le concours de "village fleuri" les doigts dans le nez. Un joli petit bain de pied habille le paysage à la sortie de la gare. L'ambiance est à la plage, aux palmiers et aux sources chaudes. On a l'impression de ne plus trop être au Japon avec toute cette végétation de bord de mer. 

Le lac aux anguilles géantes

Nous sautons immédiatement dans un bus, pour une heure de route jusqu'à l'Ikedako, un lac de cratère où sont pêchées des anguilles géantes. Un petit conseil là aussi : prenez le pass de bus à 1000 yen si vous comptez aller aussi loin, car l'aller simple est déjà à presque 800 yen. Ce pass nous a permis de visiter beaucoup plus de choses que nous n'avions prévu à l'origine.
Nous passons à côté du superbe Kaimondake, et tous ces jolis villages que nous traversons nous donnent déjà envie de revenir passer plus de temps dans les parages. Les abords du lac Ikeda sont toutefois incroyablement moroses. Trois bâtisses délabrées se battent en duel au bord de l'eau, nous proposant de voir des anguilles géantes mais aussi des balades en bateau à des prix légèrement exorbitants. Nous avons 1 heure de balade avant le prochain bus, le centre de tourisme est fermé depuis longtemps semble-t-il et les magasins de souvenirs sortent tout droit d'un autre âge. Nous nous asseyons donc près du lac et admirons la vue. Rien de plus à faire ici, alors nous repartons direction Healthy Land.



Au bout du monde

Finalement, l'instinct aidant, nous quittons précipitamment le bus à Nagasakibana. Les petites boutiques qui bordent le parking sont adorables, on a un bon feeling. Et nous ne nous sommes pas trompés ! Une merveille visuelle que cet endroit ! Après avoir longé ces jolies petites boutiques, elles aussi incroyablement démodées, nous découvrons le temple dédié à la célèbre légende d'Urashimatarô : le Ryûgû jinja. Voici un résumé copié collé de l'internet pour (re)découvrir ce conte :
"Urashima Tarō est un pêcheur qui sauva une tortue qui se faisait malmener par des enfants. Le lendemain, une gigantesque tortue vint à sa rencontre : la tortue qu'il avait sauvée était la fille du roi de l'océan, qui voulait le voir pour le récompenser. Il fut récompensé par un séjour à Ryūgū-jō, le palais sous-marin de Ryūjin. La tortue sauvée s'était transformée en jolie princesse, et il passa un long moment à ses côtés mais commença à souffrir du mal du pays. Elle l'autorisa alors à retourner chez lui et lui offrit un coffret incrusté de joyaux en lui disant de ne pas l'ouvrir. De retour chez lui, Urashima découvrit que plus de sept-cents ans s'était écoulés depuis son départ et que plus personne ne se souvenait de lui ou de ses contemporains. Dépressif, il retourna sur la plage où il se souvint du coffret qui lui avait été offert avant son départ. Il l'ouvrit, libérant un nuage de fumée noire ; il se mit à vieillir soudainement, se transforma en grue et s'installa sur le Mont Horai: le coffret contenait son âge réel."

Ce temple est connu pour solidifier les liens amoureux. Et contrairement aux temples habituels, ce n'est pas sur un ema qu'on écrit son souhait mais sur une coquille d'huitre ou sur un coquillage. Il n'y a qu'à choisir parmi la multitude celui qui nous plait le plus puis le mettre dans une des énormes jarres après avoir écrit sa prière.


Un peu plus loin se trouve un phare et le bout de la péninsule est une des pointes extrêmes du Japon. Nous nous sentons comme au bout du monde, sur ces rochers entourés d'une mer profondément bleue.


Nous rebroussons chemin et décidons de goûter le jus du fruit du dragon. C'est un étrange fruit rose fluo, avec une texture qui ressemble à celle du kiwi, que je ne connaissais pas du tout. Eh bien, ce n'est pas bon ! Enfin, ca n'a pas vraiment de goût et j'ai plus l'impression d'avoir un fond de gel douche qui me rentre dans la bouche plutôt qu'un goût de fruit. L'expérience reste tout de même constructive...




Les bains de sable chaud

Nous abandonnons l'idée d'aller à Healthy Land des fois que mon tatouage soit interdit. Puisque c'est un gros complexe à onsens, il y a de fortes chances pour que ce soit le cas. Nous continuons donc jusqu'aux bains de sable chaud Saraku. Je ne demande pas à l'accueil si les tatouages sont permis ou pas, des fois qu'on me refuse. La réceptionniste nous donne un yukata et une petite serviette contre 1000yen, et roule ma poule ! Les bains de sable chaud sont mixtes puisqu'on est vêtu d'un yukata. Le processus  est simple, on se présente au bord de la plage et des personnes armées de pelles nous installent avec la serviette autour de la tête puis nous enterrent tout le corps. Il est recommandé de rester 10 minutes, mais c'est à nous de décider quand arrêter l'expérience. L'ensevelissement est d'ailleurs assez surprenant, je n'aurais pas pensé que le sable pesait si lourd et je me retrouve écrasée par son poids. Mes talons brûlent légèrement mais le reste de mon corps est totalement heureux ! Je sens mon coeur battre dans toutes les extrémités, c'est vraiment une sensation à part. C'est génial ! 
Après le bain de sable, nous filons chacun de notre côté au onsen. Je sens quelques regards insistants dans cet hôtel un peu luxe, mais je ne sais pas si c'est parce que je suis étrangère ou si c'est mon tatouage. En tout cas, personne ne me met dehors et je suis tranquille jusqu'au bout ! 

Cuisine de Satsuma et bière hawaïenne

Avant de reprendre le train pour Kagoshima, nous faisons une halte dans un petit restaurant déniché sur le Lonely Planet : le Aoba. On y mange un Rôsukatsu (équivalent du tonkatsu mais avec des côtelettes) de porc noir. Encore une spécialité du coin. En revanche, pas de bières locales (ok c'est la région du shôchu...), mais du grand cru hawaïen avec des planches de surf sur les étiquettes ! Le tout sur une musique des îles, on oublie presque qu'on est au Japon. 
Je vous recommande donc également ce restaurant si vous passez par là, c'était vraiment savoureux.


Je finis avec un petit vœu trouvé sur la table du Ryûgû jinja, écrit par une personne qui rêve de revoir le célèbre groupe EXILE. 

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1 comment:

  1. Ah, ah, je suis très fan du exile ni aitai^^
    Je ne suis jamais aussi loin au sud de Kyushu. Je note, je note ! Je suis curieuse de voir des anguilles géantes, en plus !

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