Sep 13, 2012

J'ai essayé un cours de Taiko

Mardi je me suis rendue au centre Tsunagari qui propose des cours de Taiko et de danse Awa. C'est mon rêve depuis mon premier voyage au Japon de tester le tambour japonais mais, timide que je suis, je n'ai jamais osé accepter quand les musiciens de matsuri me proposaient d'essayer. Et jouer à Taiko no tatsujin sur borne d'arcade c'est super fun mais cela ne suffit pas forcément !

Borne de Taiko no tatsujin

Les cours se passent dans le 11e arrondissement, métro Bastille ou Breguet-Sabin, comme c'est à côté de chez moi, je n'avais pas d'excuse pour ne pas essayer.
Je ne vais pas expliquer à leur place les procédures d'inscription, car tout est très bien précisé sur leur site internet.

L'art du Wadaiko
Le Taiko (太鼓 traduit par tambour) est aussi très souvent appelé Wadaiko (和太鼓 tambour japonais - wa désignant ce qui est japonais). Il existe depuis plusieurs siècles accompagnant le théâtre Nô, Kabuki ou le Gagaku. Un peu comme les tambours occidentaux, il servait aussi en temps de guerre pour motiver les troupes ou effrayer les ennemis. Il est très présent lors de Matsuri encore aujourd'hui.


« Comme toutes les traditions des percussions trouvant leur origine dans les sociétés primitives, le Taiko célèbre presque tous les aspects de la vie, de la naissance à la mort. 
Les tambours Taiko excitent les troupes et intimident l’ennemi sur les champs de bataille, paradent dans les rues des villages pour appeler leurs habitants à des fêtes ; on en joue lors de cérémonies présidant à la plantation du riz, leurs sons tonitruants font fuir les insectes et éveillent les esprits de la pluie.
Dans certaines traditions bouddhistes, le roulement du tambour représente la voix de Bouddha et devant les autels Shinto, il accompagne la prière adressée aux Cieux. 
Non seulement le Taiko transcende la frontière entre les hommes et les dieux, mais sert aussi à poser des frontières ici, sur terre. 
Dans l’Ancien Japon, la distance de laquelle, depuis le temple d’un village, on pouvait entendre le tambour Taiko déterminait les limites d’une ville. À l’évidence il était bénéfique, pour une ville, d’avoir un gros tambour.
 »

Il existe différentes sortes de taiko, possédant tous un son bien distinct et souvent une utilisation propre mais voici ceux que l'on croise le plus :

Shime daiko - plat au son légèrement aigu
Ôdaiko - énorme et au son grave
Nagado Daiko, le plus commun
Tsuzumi, en forme de sablier et très décoré
Déroulement du cours de Taiko au Tsunagari Center
L'ancrage du corps étant très important pour jouer du tambour, chaque cours commence par des échauffements et des assouplissements ainsi qu'une recherche de verticalité et d'enracinement. C'est intéressant de voir que ce même exercice que je pratique en cours de danse africaine est aussi important au Japon... La technique est exactement la même malgré la distance qui existe entre ces deux cultures.
Ensuite les élèves apprennent des rythmes ou des morceaux et les répètent, en "chantant" pour s'aider à canaliser l'énergie du corps. Ce sont plutôt des expirations rythmées. Il n'y a bien évidemment aucune partition et aucun cours de solfège n'est utile au préalable, car le système d'apprentissage musical traditionnel japonais est totalement différemment du notre. Il est avant tout basé sur l'oralité et l'imitation du maître.
A la fin du cours, les élèves font des roulements de rythmes. Un commence puis un autre le récupère et le reprend puis l'envoie à un autre etc... 
L'apprentissage du Taiko, un peu comme la danse au final, permet de relâcher toutes les tensions qu'on peut traîner dans la vie courante, qu'elles soient musculaires ou mentales. La subtilité est en fait de ne pas faire appel aux muscles pour taper, mais de laisser les bras se faire guider par un élan venant du bassin. Technique très intéressante car, moi qui pensais ressortir du cours les bras en compote, je n'étais ni fatiguée ni essouflée, mes bras ne ressentaient aucune tension.  

C'était donc une expérience très enrichissante, que je ne pourrai pas continuer du fait de mon implication en danse qui me prend déjà beaucoup de temps, mais j'ai ressenti un réel bien être et un profond plaisir à entrer un petit doigt de pied dans l'univers des percussions japonaises. Pour les curieux, n'hésitez pas à faire un cours d'essai, cela vaut le coup d'être découvert. Le centre fait également beaucoup de représentations sur Paris et sa banlieue, ainsi qu'à Japan Expo.

Plus d'informations sur le centre

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8 comments:

  1. Avec tout cette techniqued'ancrage dans le sol et de faire appel à l'ensemble du corps, on dirait presque un art martial ^_^

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    1. Oui c'est un peu le parallèle que faisait le professeur. Très instructif.

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  2. J'avais essayé le taiko à un matsuri, et la flute aussi. Mais je n'ai jamais reussi à tirer un son (flute) ou un son correct (taiko), comme je ne comprenais pas les explications des musiciens, j'avais trop honte.

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    1. Ah oui la flute, je n'ai jamais osé essayer non plus. On a pu tenter un jour en cours de musique en fac de japonais et personne n'arrivait a sortir le moindre son. C'est une technique super spéciale que j'aimerais bien connaitre du coup !

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  3. Super !!! Mais je n'ai aucun sens du rythme, je n'oserais jamais je crois.

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    1. A la base, moi non plus. Mais c'est comme tout, ca s'apprend :)

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  4. Très intéressant tout ça, voilà une activité que j'aimerais bien tester mais pareillement, je n'ai aucun sens du rythme^^ Bon je ne vis pas à Paris mais si jamais l'occasion se présente, j'irais bien y faire un tour... :)

    N'oublie pas de me tenir au courant pour ta dégustation de namagashi chez Toraya au fait !^^ A bientôt !!!

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    1. J'y vais cet après-midi donc tu sauras tout sur ma dégustastion à Toraya.

      Pour les premiers cours, meme sans sens du rythme tu peux t'en sortir pas trop mal :) en tout cas meme pour un seul cours, ca vaut le coup d'essayer. Je suis prete à bluffer les musiciens de Matsuri lors de mon prochain voyage avec le combo "position-bras détendu-coup de bassin" surmonté d'un "non non j'en ai jamais fait!" XD

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